Rien de cassé

Désolé ce message n’est pas d’Anne, mais de Laurent, juste un petit mot rapide à ceux qui s’inquièteraient, j’ai appelé Kevin et à part beaucoup de fatigue et de lassitude face aux intempéries, Anne et Gille vont bien, ont survécu aux deux ouragans qui viennent de passer sans casse ni pour eux, ni pour le bateau. J’espère que Anne prendra bientôt le relais pour donner des détails.

Le Cap Vert, un parfum de Brésil

Nous voici donc a Mindelo !

La traversée fut longue et assez pénible.  Premier jour, pas de vent, mais de la houle quand même  deuxième et troisième jours,  beaucoup de vent, du coup vagues de 3 mètres et déferlantes.  Notre petit bouchon se comporte très bien mais nous, nous sommes malades comme des chiens,  on dégueule tripes et boyaux à défaut d’autre chose. Enfin au quatrième jour,  ça s’arrange un peu.  Par contre,  on n’a pas beaucoup avancé,  trop de zigzags probablement.  Tout est gris, le ciel voilé,  la mer plombée.  Pas de dauphins, toujours pas de baleines ni de requins, rien à part les poissons volants qui atterrissent sur le pont, et la fleur du meeting aérien,  l’infatigable voltigeur,  le puffin qui aime faire son show autour du bateau.  Nous découvrons enfin les joies de l’auto-pilote :plus besoin de tenir la barre 24 heures sur 24, quel repos ! Mais comment s’occuper  ? Les livres ou les cartes,  ça ne marche pas, le mal de mer n’est jamais bien loin. On ne peut pas écouter de musique, ca tirerait trop sur llefs batteries. Je crois que je vais essayer la broderie pendant la prochaine traversée ! Le plus énervant de ce voyage,  c’est qu’à la fin,  il a fallu freiner pour ne pas arriver de nuit !  Pendant la dernière nuit,  nous nous sommes même laisser dériver,  et on avançait encore à deux noeuds !  Enfin,  au matin du neuvième jour,  nous sommes entrés dans la passe entre deux îles qui mène à Mindelo.  On se serait crû en Ecosse,  tout était noyé dans la brume.  Mais une fois entrés dans la baie,  le spectacle était grandiose.

Nous avons retrouvé ici les copains partis devant et réformé notre petit groupe sympa.  Eux sont à l’ancre mais nous sommes dans la marina qui, pour notre petit bateau , n’estu pas si chère.  Le principal agrément en est le bar flottant.  Ceux qui sont à l’ancre y accrochent leur annexe quand ils vont à terre et c’est là qu’on se retrouve tous pou échanger des nouvelles et des informations.

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La tour carrée que vous voyez au milieu est une copie en miniature de la tour de Belem qui domine le port de Lisbonne

 

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Un lieu bien plaisant,  le bar de l’Alliance Française d’où je vous écris.

La baie est magnifique, très grande, mais le vent y souffle en continu et la houle se forme comme en mer. Du coup le séjour est plutôt inconfortable. Sur les pontons flottants de la marina, on est secoués comme des pruniers et nous avons déjà cassété deux amarres.  Par con ré, la bonne nouvelle,  c’est que nos taquets d’amarrage résistent, nous n’en étions pas très sûrs avant mais maintenant nous savons qu’ils sont très solides. En revanche , moi je ne le suis pas assez,  depuis que nous sommes ici, je n’ai pas été dans mon état normal une seule fois.  Sur le bateau j’ai le mal de mer et à terre, le mal de terre, ça tangue tout le temps !

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Ceci ne m’empêche  pas de bien aimer Mindelo. Les gens sont sympas, de façon surprenante beaucoup parlent très bien le français.  Le portugais qui est leur langue nationale,  a ici une prononciation très douce et chantante.  Ajoutez à cela la musique omniprésente et une population très métissée,  il n’y a plus qu’un pas à faire et vous êtes au Brésil ! D’ailleurs nos copains qui sont ici y vont et pour eux ce sera seulement deux semaines de traversée.  Pour nous,  trois au minimum. On part mardi. Voilà, c’est le grand saut. Si tout va bien, la prochaine fois que je viens à Marseille, j’irais porter un petit No Pasaran à la Bonne Mère !

 

El Hierro, un petit moment hors du temps

Port de la Restinga,  200 habitants, sept clubs de plongée !

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8 heures : les mamies font trempette dans le port.  On se prépare pour aller à la poste, il ne faut pas traîner, elle ferme normalement à 9h30,  mais souvent plus tôt quand il n’y a pas de clients.

9 heures : comme c’est jeudi, le seul jour où il y a de la viande, on fonce à la supérette,  ce soir on a des invités,  il y aura des steaks,  c’est la fête !

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10 heures : Les zodiacs dès plongeurs sont déjà tous sortis. Gilles travaille à la fabrication d’une bande anti-roulis pour nous empêcher de tomber du lit quand on navigue. Pendant la traversée de Gibraltar aux Canaries,  j’ai dégringolé 5 fois.

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12 heures : on a eu un petit grain,  mais maintenant le ciel nous fait son sourire en couleurs.  Deux bateaux de copains partent pour le Cap Vert, on va aider pour larguer les amarres.  Bon vent les amis,  on vous suit la semaine prochaine.

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13 heures : comme tous les jours,  la tortue vient chercher son déjeuner. Le monsieur qui la nourrit a péché toute la matinée et maintenant il coupe ses poissons en petits morceaux pour sa copine.

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15 heures : il fait chaud,  c’est l’heure pour un petit bain. Je fais l’aqua-gym avec Caro. L’eau est bien claire,  on verra peut être la raie.  À la plage de la Gomera Gilles a posé le pied sur une manta en sortant de l’eau, ça nous a fait un choc quand elle a bondi. Mais on s’habitue.

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17 heures : Gilles et Thierry partent à la pêche avec l’annexe. S’ils prennent quelques poissons on se les grillera pour faire une entrée. Les plongeurs reviennent de leur plongée de l’après midi,  les enfants sortis de l’école viennent se baigner,  ils resteront jusqu’à la nuit

19 heures : nos pêcheurs rentrent,  bredouilles.  C’est pas glave comme dirait Toru,  on a de quoi pour ce soir.  La soirée sera douce,  on va regarder les photos prises pendant notre tour de l’île,  et boire des coups et rigoler.

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Le sabinal, arbre emblématique de El Hierro

Le sabinal, arbre emblématique de El Hierro

Forêt primaire au centre, toujours dans la brume

Forêt primaire au centre, toujours dans la brume

Une maison en pierres de lave

Une maison en pierres de lave

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La Gomera est un grand presse-nuages

Vue sur San Sebastian. Au fond, Tenerife et son volcan le Teide

Vue sur San Sebastian. Au fond, Tenerife et son volcan le Teide

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Si vous imaginez un presse -agrumes géant, vous aurez une idée assez juste de la Gomera. L’île est ronde , le centre qui culmine à plus de 1700 m  est recouvert d’une épaisse forêt primaire. Les nuages s’y trouvent piégés et les arbres recueillent les gouttelettes. Cette eau coule ensuite dans des ravins qui descendent vers la mer tout autour de l’ile. Ces ravins, les barrancos, sont les seuls lieux cultivés et habités, tout le reste est trop abrupt.
Ici, les gens ont inventé une langue sifflée pour pouvoir communiquer d’un versant à l’autre. Cette langue s’appelle El Silbo, les enfants l’apprennent à l’école. Si vous allez sur YouTube,  et trouvez la chanson de Feloche  https://www.youtube.com/watch?v=jAlnL8JHetY, vous aurez un bon aperçu de la Gomera telle que nous l’avons vue.

Des pentes vertigineuses, des jardins tropicaux dès que le terrain le permet,  une côte rocheuse, des petits villages perchés,  et des gens souriants et paisibles.  La Gomera restera un bon souvenir.

Un mirador au dessus du vide

Un mirador au dessus du vide

De l'arbre

De l’arbre

A la, usine de bananes

A l’ usine de bananes

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Palmiers et chèvres font bon ménage

Palmiers et chèvres font bon ménage

Des restanques prêtes pour les cultures

Des restanques prêtes pour les cultures

Une cueillette de litchees sur le bord du chemin

Une cueillette de litchees et fenouils sur le bord du chemin

Manguier couvert de fruits

Manguier couvert de fruits

Hermigua, un jardin de cocagne

Hermigua, un jardin de cocagne

Sous les arbres centenaires, un pot entre amis

Sous les arbres centenaires, un pot entre amis

Nous sommes restés trois semaines à San Sebastian,  nous nous sommes promenés en bus,  en voiture et à pied,  nous nous sommes régalés de fruits : bananes, mangues, avocats, figues, et même litchees ! Quelques bateaux de copains sont là aussi et on se retrouve sur l’un ou l’autre pour des soirées animées.  Enfin, vous voyez, on ne peut pas dire qu’on soit à plaindre !

Las Palmas, c’est fini

Et voilà, quatre mois ont passé comme dans un rêve. Il y a un sortilège sur ce port, il abolit le temps aussi bien que Circé. Certains sont ici depuis des années et ne semblent pas près de s’en aller.

L’été s’est passé agréablement , nous nous sommes fait des copains,  nous avons beaucoup été à la plage,  et Gilles a bricolé plein de nouveaux équipements.  Nous avons désormais un panneau solaire pour alimenter l’auto-pilote,  un auto-pilote de rechange au cas où le premier tombe en panne,  un sondeur qui marche  (très important quand on doit se mettre à l’ancre ). Ça  progresse. ..

Et donc, nous allons nous arracher à cette léthargie enfin. Vendredi matin,  cap sur la Gomera,  un petit saut de puce,  24 heures de navigation,  De là,  un autre saut de puce jusqu’à El Hierro,  et ensuite une semaine de navigation pour rejoindre le Cap Vert.

La suite au prochain numéro.

Les copains sur leur bateaux

Caro et Thierry

Caro et Thierry

Yves

Yves

Alain

Alain

Terre ! Terre !!!

THERE IS AN ENGLISH VERSION OF THIS ARTICLE AT THE BOTTOM OF THIS PAGE

Les survivants, the survivors, i sopravivienti

Les survivants, the survivors, i sopravivienti

Quel est le con qui a dit que les voyages en bateau sont agréables ? Nous la mer nous a pris,  Je m’en souviens, un vendredi. Partis au moteur parce qu’il n’y avait pas trop de vent dans le detroit mais par contre une belle fenêtre météo pour l’atlantique. Il faisait très beau et nous étions tout joyeux. Jusqu’à Tarifa impec ! Après nous sommes retrouvés dans le plus fort du courant et nous n’avancions plus. Nous avons donc traversé pour suivre la côte marocaine et ça s’est amélioré. Puis le soir est tombé et on s’est retrouvé au milieu d’un dédale de filets. Des petites lumières de toutes les couleurs clignotaient partout, impossible de s’y retrouver. Une barque de pêcheurs nous a arraisonnés en nous tournant autour comme une guêpe en furie et nous a fait faire un énorme détour qui nous a coûté 3 bonnes heures. Ensuite nous nous sommes frayé un chemin au jugé pendant une bonne partie de la nuit et finalement nous avons réussi à passer. Entre temps le vent s’etait levé et on avançait bien. Seulement voilà, avec le vent il y a la houle. Une petite houle croisée, méchante, hargneuse, qui ne nous a plus lâchés et nous a secoués dans tous les sens. et’ alors là les gars, on a été malades. Pas légèrement barbouillés, non, malades comme des chiens, à ne plus rien pouvoir garder dans l’estomac. Deux jours comme ça ! Nous avons cependant découvert que l’avantage d’un petit bateau c’est qu’on peut dégueuler par dessus bord sans lâcher la barre ! Au bout du troisième jour, ça commence à se calmer un peu et on peut de nouveau manger un peu. Mais il y a une fatigue terrible, les nuits sont interminables, on est toujours secoués comme des sacs de patates et on ne peut jamais lâcher la barre. Et quand enfin, au bout de sept jours, on aperçoit la terre, pour sûr on est content, mais vous croyez qu’on se détend?  Pas du tout, c’est là qu’on flippe le plus, parce que les atterrissages de nuit, c’est toujours compliqué, côte rocheuse sans visibilité = risque majeur de se foutre sur les rochers.

Alors là on commence à réfléchiri et on se demande ce qu’on fout là. C’est vrai quoi, à nos âges on pourrait avoir une petite vie bien peinarde : un petit lopin pour faire pousser quelques tomates, l’apero à la terrasse du bistrot aux beaux jours,  quelques parties de cartes avec les copains, la visite des enfants et petits enfants et un beau rôti le dimanche Ce n’est quand même pas bien compliqué d’être heureux ! Mais non, il a fallu qu,on se mette en tête d’aller courrir les mers. Et pourquoi, je vous le demande un peu ? Et bien je vais vous le dire. Tout ça c’est la faute à la littérature ! Tous ces romans qu’on a lus, ces chansons qu’on a entendues   et qui nous ont mis l’air du large dans la tête. Et bien il est temps que cela cesse.  En consequence, nous avons décidé de créer un Front de Libération des Marins dont voici le programme :

Premièrement : tout marin qui abjurera et reconnaîtra publiquement que la vie en mer est un enfer, recevra immédiatement une bouteille de rhum et un certificat de purification idéologique.

Deuxièmement  : il conviendra d’expurger de la littérature toutes les célébrations de la mer et des marins.  En commençant par monsieur Homere et son Odyssée, MM. Melville,  Konrad,, Stevenson, Loti, de Monfreid, O’Brian, Moitessier, et tous les plumitifs maritimes, ecrivassiers océaniques et scribouilleurs pélagiques devront être éradiqués par un grand autodafé. Quant à Monsieur Baudelaire, dont on ne dira jamais assez tout le mal qu’il a fait avec son « Homme libre, toujours tu cheriras la mer », il sera déclaré de nocivité publique et interdit d’étude dans les écoles, lycées et collèges.

Troisièmement : on ne saurait négliger l’influence nefaste des chansons de marins (sans oublier les comptines enfantines ). Il faudra donc les assainir en rétablissant la vérité. Dans ce but, il conviendra de s’attaquer au langage lui-même pour en extraire toute poésie fallacieuse. Par exemple, remplacer mât de misaine par mât de misère, cambuse par cambouise, foc par flop, etc. Bien sûr, étant donnée l’ampleur de la tâche, toutes les contributions seront bienvenues et la création d’un comité académique indispensable.

Si vous souhaitez joindre le FLM, envoyez une lettre d’abjuration ainsi qu’un don en numéraires (defiscalisable cela va sans dire) à No Pasaran, dernier bateau avant la plage, Isla la Graciosa, Îles du printemps éternel. Vous recevrez votre bouteille de rhum par dauphin express.

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———- DERNIÈRE HEURE ! DERNIÈRE HEURE ! ————-

Nous informons les familles des tomates canariennes enlevées le mois dernier par un cargo aussi malveillant que frigorifique pour être revendues dans un supermarché de La Linea, qu’elles ont été rachetées par deux touristes français qui les ont ramenées à bord de leur petit voilier Elles seront rendues à l’affection des leurs dès qu’elles auront été débriefées par les psychologues de la cellule enlèvement. Madame Rocio Sanchez Sanchez, vous pouvez arrêter d’appeler. La petite Lucia se porte à merveille et vous la retrouverez incessamment.

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Copains, copines, je vous le dit, si on vous propose une croisière en voilier en vous faisant miroiter les paradis tropicaux, trouvez une bonne excuse, n’importe quoi, le jeudi j’ai piscine, j’ai un cassoulet sur le feu, je suis allergique à la bouffe pour chien, mais surtout ne vous laissez pas avoir. Par contre si vous ne craignez pas de vous retrouver avec une corne de rhinocéros au milieu du front et le pantalon enroulé autour des chevilles parce qu’au sortir des toilettes vous avez négligé de vous tenir à DEUX mains, si la perspective de vomir les repas que vous n’avez PAS pris vous laisse de marbre et si vous aimez les biscuits humides et la choucroute en boîte, si le nez pelé et les pieds trempés ne vous dérangent pas plus que ça, alors allez-y, vous allez vous régaler.

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WHO EVER SAID THAT SAILING TRIPS WERE PLEASUABLE ?

One nice morning, we finaly left la Linea. To get out of the straight we had to use the engine but once in the atlantique we had a nice breeze. Crossing the straight was a bit difficult, in the middle the current is very strong. It got better when we approached the morrocan coast but then, as night came, we found ourselves stuck in a snare of nets, hundreds of little flashing lights all around. A small fishing boat rushed towards us and circled around us like an infuriated wasp to push us away in a detour that cost us 3 extra hours. Once at high sea we were free from the nets, but then came the swell ! A nasty little swell, irregular and coming from different directions that shook us like a salad basket. We got sick, oh man, so sick  that during two days we could not keep any food. We discovered that one of the assets of a small boat is that you can throw up overboard without letting go of the rudder ! The third day it receded a bit, just to give way to the fatigue. The nights are endless, you can never stop steering,  neither can you turn off the swell or the wind  (someone forgot to install the switches), everything is difficult: preparing food, puting some clothes on, washing the dishes,  not to mention yourself ! And it goes on like this for 7 days. When at last you cry Land ! Land ! You think you will relax, but not at all, the landing is the most critical moment, especially at night on a rocky coast, where is that bloody port? In the end we did make it and reached La Graciosa, the very northest of the canaries islands, sound and safe. But all the while I had time for thinking a bit. How come that we decided to roam about the seven seas, when it would so simple to have a nice life ashore : a little piece of land to grow a few tomates,  apéritif with friends at a terrace on the good days, on sundays visit of the children and grand-children and a good roast, the recipe for a happy life is not very complicated!  But no, we chose instead to live on a boat ! Why is it so, I am sure you wonder as I did. I will tell you : the blame is to be put on litterature! All those books about the sea and the sailors that we read when we were young, they have intoxicated us. This scandal must cease!  That is why we have decided to create the Sailors Liberation Front of which you will find the program hereunder :

1- Every sailor who will renounce the propaganda and admit publicly that life at sea is hell will immediately receive a bottle of rhum and a certificate of cleansed ideology.

2- The litterature shall be expurgated of all fallacious maritime adventure. Starting with Mr. Homer and his odyssey, continuing with MM. Melville, Konrad, O’Brian, Stevenson, Loti, de Monfreid,  etc. all their books shall end in a grand autodafe.

3- All sailors songs should be rewritten  (let us not forget nursery rhymes which obnoxious influence on young minds is not to be underestimated, i.e. « row,  row your boat gently down the stream ») . The only song which can be left untouched is the one saying : « a man must be mad to make up his mind to go to sea once more. »

If you want to join thé SLB,  nothing easier. Send a sincere confession and a contribution  (all currencies accepted) to No Pasaran,last boat before the beach, Islands of the Eternal Spring. You will receive your bottle of rhum by return express dolphin.

Les rochers que nous avons évités sans le savoir

Les rochers que nous avons évités sans le savoir

La falaise de Lanzarote juste en face

La falaise de Lanzarote juste en face

Les bateaux de pêche de la Graciosa sont les plus jolis et les mieux entretenus que nous ayons vu

Les bateaux de pêche de la Graciosa sont les plus jolis et les mieux entretenus que nous ayons vu

Plage de lave à Lanzarote

Plage de lave à Lanzarote

Nous avons retrouvé notre amie Andora rencontrée à Tanger

Nous avons retrouvé notre amie Andora rencontrée à Tanger

Le port de la Graciosa

Le port de la Graciosa

Waiting for the wind

Hello dear friends. I start this article in English to give news, but I will keep going in french because I am a lazzy lass.
So, as you might have guessed from my silence, we are still in la Linea, waiting for the weather to improve. And it seems that spring is coming, the forecast is good for wenesday 11 and if it stays so we will leave, just the two of us as we now feel confident enough.

Bon, nous revoilà en français. Toutes mes excuses pour n’avoir donné aucunes nouvelles mais il ne se passait vraiment pas grand chose. Le vent, encore et toujours le vent. Cinq jours de l’ouest,  cinq jours de l’est, et un jour de répit entre les deux pour reprendre son souffle. Alors nous avons attendu bien sagement.  Nous avons beaucoup joué à la coinche à deux (merci Nat,  c’est vraiment trop bien ! Et Gilles t’a choisie comme partenaire comme tu l’y avait autorisé). Pour se dégourdir les pattes de longues ballades, comme à  Tarifa  la Mecque des kyte-surfer mais aussi des humbles admirateurs de la Sardin  Ki’in comme en témoigne ce monument élevé en son honneur.

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Le jour où nous y sommes allés, c’était carnaval et nous avons assisté au concert des chérubins qui ne devaient pas être aussi sages que leurs ailes ne le laissaient supposer. On ne comprenait pas tout mais le peu qu’on a capté et le public mort de rire laissaient peu de doute sur le contenu sexuel de leur répertoire !

Nous avons aussi rencontré de nouveaux amis lorsqu’a débarqué toute une équipe d’italiens sur un grand oiseau blanc.

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Voici donc, de gauche à droite, Antonio,  Gavino, Ruggero, Beppe et Gilles dans le rôle de l’hôte, nous avons réussi à manger à six dans notre cabine ! Il faut vous dire que leur grand trimaran est une vraie fusée mais que pour le confort intérieur, ce n’est pas terrible, à peine plus grand qu’un sarcophage. Du coup, les soirées, c’était chez nous. Eux sont partis avant nous car, vu la rapidité de leur engin, il ne leur fallait que quatre jours de bonne météo. Ils sont bien arrivés mais ils en ont chié avec la houle contre eux tout le temps. Nous irons les voir à Las Palmas où ils vont créer une école de voile.

C’est pour bientôt, le printemps se fait sentir et la météo s’améliore.. Il est bien possible que nous partions mercredi. Hasta la vista, ho hisse et haut !

 

 

 

Feliz ano nuevo

Happy new year, bonne année, …. to all our friends wherever they may be. We are in la Linea, close to Gibraltar. When we came back from Tanger, for once all the elements where with us : the wind, the current and the swell. It took us only 5 hours to cover a distance that took us 12 hours when we first went to Tanger. Our speed was of 12 knots, when we thought that the maximum we could reach would be 6. It was incredible, it was like fkying on the waves.

On course, after Tanger, here it is real luxury.  Washing machine, hot showers, electricity and iwater on thé boat make life a lot easier.  We now want to sail non stop to the Canaries,  it will take 6 days. As it is a bit long and tiring for the two of us,  we look for someone to come with us, and we might find à person here as many sailors without a boat ask for a ride. In the meantime,  I will go to Marseille for a week to settle a few things Il left behind and see the friends,  and play coinche,  YES.

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Best wishes,  may the force be with you.

Tanger, bien loin d’Amsterdam

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Dans le port de Tanger, il y a des chalutiers accrochés les uns aux autres, comme pour se tenir chaud. Dans le port de Tanger, il y a des marins qui errent le long des quais délavés par la pluie. Dans le port de Tanger, il y a des enfants qui mendient un morceau de pain. Dans le port de Tanger, il y a des ferries qui dorment contre le quai, en mal d’armateurs, en mal de partance. Dans le port de Tanger, il y a des enfants qui se jettent à l’eau, la nuit. Ils traversent tout le port avec un petit baluchon de plastique gonflé en guise de flotteur, pour atteindre les bateaux qui vont en Espagne et se hisser le long des amarres, dans l’espoir de passer de l’autre côté. Dans le port de Tanger, il y a des centaines de chats, des chats joueurs ou taciturnes, sauvages ou sociables, farauds ou furtifs, des centaines de chats de toutes les couleurs. Dans le port de Tanger, il y a des immondices et des excréments, des rats crevés et des bidons qui flottent sur des eaux noires de cambouis. Dans le port de Tanger, il y a des petits restaurants où l’on mange du poisson frit sur des nappes de gros papier. Dans le port de Tanger, il y a des bâtiments à moitié démolis et laissés tels quels, une zone franche à l’abandon, un marché aux poissons à toute heure du jour, Dans le port de Tanger, il y a des voiliers attachés au cul d’un ferry qui ne navigue plus, des voiliers en rang d’oignons, en panne de moteur, ou de voiles, ou en attente d’une bonne brise pour s’envoler, s’échapper.

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C’est là que nous sommes depuis deux semaines. Sans eau, sans électricité, sans douches.

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Ca,c’est notre échelle pour monter sur le quai, un pneu de tracteur. Vous le voyez à marée haute. Quand la mer est basse, tout le pneu est au-dessus de l’eau et il faut l’escalader.

Le lendemain de notre arrivée ici, notre moteur a refusé de démarrer… Cela a été une galère invraisemblable pour faire réparer. Les mécaniciens locaux ont bien failli nous achever définitivement notre machine à coudre.Heureusement pour nous, notre voisin Manfred a pris les choses en mains et nous a sauvé. C’est un bricoleur de génie -il fabriquait des outils spéciaux pour l’industrie avant de revendre sa boîte et de construire son bateau- il sait tout faire et on lui doit une sacré chandelle.

Et maintenant, les remerciements :

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Erika et Manfred, d’Autriche. Ils nous ont aidés au-dela de toute mesure.

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Johan et Andora, de Norvège, pour la sympathie, la bonne humeur et le prêt d’une super pompe à main

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Troils et Jakob, du Danemark, pour les conseils de navigation, le soutien moral et une super soirée sur leur bateau

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Tamara et Stanislav, de Russie, pour le coup de main, la chaleur et leur proposition de nous remorquer jusqu’à Ceuta si on n’arrivait pas à réparer.

Parfois, après la pluie :

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Demain, après 3 semaines dans ce trou à rats, nous retournons en Espagne, à la Linéa, vers la douche, l’électricité, la machine à laver (mon royaume pour une machine à laver). on y attendra des jours meilleurs pour repartir vers les Canaries.